L'éolien dispose désormais d'une
formation universitaire spécifique avec l'ouverture début octobre d'une licence "Energie éolienne" au sein du Lycée Astier d'Aubenas (Ardèche).
"L'idée de cette licence remonte à quatre ans. A l'époque, elle avait un côté saugrenu mais, ces deux dernières années, entre l'explosion du prix du pétrole et la confirmation du réchauffement climatique, elle est devenue sacrément porteuse", explique l'expert Fabien Chervet.
Directeur du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) de Lyon, M. Chervet est, avec un enseignant d'Aubenas, Toufiké Henni-Chebra, à l'origine de la création de ce diplôme "inédit en France".
Financée, entre autres, par le Cnam et la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de l'Ardèche méridionale, cette licence, dont le projet a "été soutenu par 34 entreprises", s'adresse essentiellement à des étudiants titulaires d'un bac+2 en "électro-technique et électronique".
Pour la première rentrée, ils sont 13, âgés de 22 à 25 ans, à avoir été retenus pour suivre la
formation qui s'articule autour d'une moyenne de deux semaines de cours (avec, à titre d'exemple, une unité "recherche de site éolien") pour quatre semaines en entreprise.
"J'ai opté pour ce diplôme car, selon moi, l'éolien c'est l'avenir", avance Cédric, 22 ans, originaire d'Alès (Gard), qui vient de débuter dans une entreprise du Vaucluse.
"M. Henni-Chebra est venu +faire sa pub+ dans nos lycées et il a été convaincant!", ajoute Christophe, 22 ans, de Haute-Loire.
"Il a été la cheville ouvrière du projet", complète le directeur du Cnam.
"Il a réussi à susciter l'intérêt des élus locaux avec l'idée de créer un pôle d'excellence
sur le bassin d'Ardèche méridionale", ajoute-t-il.
Aussi, à le croire, le site serait propice : "En Ardèche, il y a beaucoup d'espaces pour implanter des éoliennes. Quant au climat, le Mistral est moins turbulent qu'en vallée du Rhône". Or, si 60 km/h de vent suffisent pour qu'elle tourne à plein régime, l'éolienne "n'aime pas les bourrasques", explique-t-il.
Quoi qu'il en soit, la
formation a bel et bien une vocation nationale. "Un gros quart des entreprises avec qui nous travaillons se trouvent dans le triangle Toulouse-Marseille-Lyon", relève Fabien Chervet.
Tous les étudiants, ou presque, espèrent entrer de plain-pied dans la vie professionnelle à l'issue de la licence, en septembre 2007, même si la possibilité de poursuivre des études d'ingénieur existent.
"La recherche d'entreprises a été difficile. On est un peu des défricheurs et on ne sait pas trop où on va", avoue Pierre-Yves, Isérois de 22 ans.
"Mais on a bon espoir car la France est en retard en matière d'énergies renouvelables", poursuit-il. Le jeune homme fait valoir "qu'une directive européenne de 2001 exige que 21% de l'électricité produite soit renouvelable".
"Pour le moment, nous n'en sommes qu'à 14-15%", clame le directeur du Cnam Rhône-Alpes, pour qui "l'acceptation sociale" de l'éolienne -laide et bruyante, selon ses opposants- serait en voie d'amélioration.
Guillaume Klein (AFP)
(16/10/2006)
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