Trop vieilles et trop petites les enceintes de l'Hexagone pénalisent le championnat professionnel et pourraient être un obstacle à la candidature française pour l'Euro 2008.
La dernière fois que la
France a accueilli une compétition internationale majeure de
football, elle l'a gagnée. C'était bien évidemment la Coupe du monde 98, succès sportif et populaire historique. Le constat brut pousse nécessairement au raisonnement suivant : pour regagner une compétition internationale, autant l'organiser. Voilà donc la
France candidate à l'organisation de l'Euro 2016. Et c'est là que les choses se compliquent. En effet, les recommandations de l'UEFA concernant l'organisation, la sécurité des matches et surtout la conformité des
stades sont drastiques.
Or, "dans le domaine des
stades, nous avons 15 ans de retard", concédait Frédéric Thiriez, président de la Ligue nationale de
Football dans son introduction à un document de travail publié par la LFP en février 2008 et intitulé "Nouveaux
Stades : top départ".
"Constat lucide"9 mois plus tard, le "top départ" n'a pas été donné mais la commission "Grands
stades Euro 2016" présidée par Philippe Seguin a remis un rapport au Premier ministre François Fillon.
"Constat lucide" de la Commission : la
France est en retard sur les autres pays européens. Par exemple, le pays ne compte que cinq
stades de plus de 40.000 places quand l'Allemagne en possède 15, l'Italie 12 et l'Angleterre 10. La capacité moyenne en
France est de 29.000 places (35.000 en Angleterre, 45.000 en Allemagne). L'âge moyen d'un stade français : 17 ans. Quand, en Angleterre, en Allemagne, en Espagne ou Portugal 4 à 7 nouveaux
stades sont sortis de terre depuis 10 ans, en
France, seul le stade des Alpes de Grenoble (2006) est flambant neuf, la MMArena du Mans devrait voir le jour en 2012 et les grands
stades de Lille et de Lyon eux sont des Arlésiennes... Pour espérer accueillir l'Euro en 2016, il faudra donc, rénover, bâtir, moderniser, agrandir.
"Préconisations"Et pour accélerer ce mouvement nécessaire, Philippe Séguin ne voit qu'un adjuvant possible : l'initiative privée. Le rapport du premier président de la Cour des Comptes suggère que la construction, l'exploitation et la propriété des
stades relèvent de l'initiative privée. Comme l' aconfirmé François Fillon à la remise du rapport "dorénavant ces équipements modernes n'ont plus vocation à être réalisés systématiquement par les pouvoirs publics. La professionnalisation du sport et l'économie qui en découle doit inciter les investisseurs privés à se lancer dans de tels projets", a-t-il ajouté. Aux collectivités "le choix du site, la mise à disposition du foncier, le financement de et la réalisation des accès", aux privés l'exploitation du stade. Pour les y aider, 10 "préconisations" : facilitations administratives, incitations fiscales (baisse de TVA et déduction fiscale pour les entreprises qui donneraient
leur nom à un stade), mais surtout "sécurisation juridique" pour éviter le blocage des projets de construction et création d'un fonds de garantie contre les aléas sportifs (un grand nombres de projets reposent en effet sur le versement par le club d'une redevance payée au constructeur avec les recettes de billeterie notamment qui dépend du statut sportif du club...). Dernière idée : encourager l'investissement des particuliers et notamment des supporters. Coïncidence ? Au moment où le rapport portant cette idée était rendu public, L'Equipe révélait les résultats d'une enquête révélant que les places dans les
stades français étaient trop peu chères pour que le
football français puisse rivaliser avec ses concurrents européens. Même en sport l'argent reste le nerf de la guerre.
Adrien Pouthier(25/11/2008)
12 projets de grands stades
Ces stades auront une capacité supérieure à 30.000 places.
4 créations
Lille, Lyon, Nice, Strasbourg
4 rénovations
Lens, Marseille, Saint-Etienne, Nancy
4 projets d'aménagements en cas de candidature à l'Euro
Nantes, Rennes, Bordeaux, Toulouse
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