A Toulouse, les
architectes réunis au sein de l’
Unsfa ont rappelé leur engagement dans les actions liées au Grenelle de l’environnement. Et souligné la nécessité d’une formation adaptée, initiale et continue.
Le développement
durable était au centre du 39ème congrès de l’
Unsfa (Union nationale des syndicats français d’
architectes) qui se tenait à Toulouse les 20 et 21 novembre. Dans son discours introductif, Michel Roulleau, président de l’
Unsfa, soulignait l’implication des
architectes, acteurs premiers de l’acte de construire, dans ce domaine. Dans un entretien retransmis, la secrétaire d’Etat chargée de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, rappelait notamment le rôle nécessaire que les maîtres d’œuvres sont appelés à jouer dans la réalisation des bâtiments répondant aux nouvelles normes, performances thermiques, basse consommation, énergie positive, et dans la réponse aux appels d’offres lancés sur les éco-quartiers. La table ronde, animée par Bertrand Fabre, directeur de la rédaction du Moniteur, et les divers ateliers sur la mise en œuvre, la méthodologie, les formations, l’architecture bio-climatique et les énergies renouvelables, permettaient de préciser les attentes des maîtres d’ouvrages, l’engagement des collectivités, et la nature des interventions des
architectes en matière de développement
durable. L’
Unsfa, qui est activement intervenue dans le Grenelle de l’environnement à travers sa participation au Comop (comité opérationnel), a joint son analyse et ses propositions au texte soumis au législateur. Autre exemple, l’action Mitech, soutenue par la fondation bâtiment énergie, concernant la requalification architecturale et thermique des maisons individuelles construites entre les années 1950 et 1975, pour laquelle l’
Unsfa, est associée au CSTB, à la Capeb et à des partenaires industriels et financiers. L’
Unsfa participe également aux travaux de l’association HQE, notamment la démarche HQE aménagement concernant les opérations d’urbanisme. Une méthodologie est en cours d’élaboration à partir des expérimentations menées sur une dizaine de sites au plan national.
Actualiser la séquence professionnalisanteAutre thème à l’ordre du jour, la formation. « Il faut mettre en œuvre un plan d’urgence pour apprendre aux
architectes comment concevoir, construire ou réhabiliter un bâtiment en basse consommation, voire en énergie positive ». Michel Roulleau insistait par ailleurs sur l’action menée, en partenariat avec l’Ordre des
architectes et le Syndicat de l’Architecture, auprès de la Direction de l’Architecture et du Patrimoine en faveur d’une allongement de la séquence professionnalisante pour l’habilitation de la maîtrise d’œuvre en nom propre. «Le contenu et la durée, six mois actuellement, de la séquence professionnalisante demeurent insuffisants et inadaptés aux enjeux actuels de la maîtrise d’œuvre et au management d’une agence, par les jeunes diplômés. Une durée de deux ans minimum s’avèrerait nécessaire ».
Le congrès de Toulouse était enfin l’occasion pour l’
Unsfa de décerner le Prix du Projet Citoyen. Pour cette huitième édition, le jury a tenu à distinguer deux opérations. Le prix a été attribué au programme « Voie Médiane », à Kingersheim (Haut-Rhin), concernant la réalisation de 37 maisons individuelles, des logements sociaux destinés à des nomades sédentarisés, conçus par Mathieu Laperrelle et Philippe Koscielski, agence KnL Architecture. Et une mention spéciale, qui récompense une démarche concertée remarquable avant la mise en œuvre, accordée au projet «Architecture et handicap, pour qu’une histoire s’écrive avant que les murs ne s’élèvent », pour l’extension future d’un centre médico-social à Etrepagny (Eure), sous maîtrise d’œuvre de l’association Saint-Martin, architecte Petra Marguc de l’association Polymorph.
Jean-Marie Constans(27/11/2008)
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