La région Ile-de-France voit l’énergie en ROSE
Le 16 mai, les premières assises régionales de l’énergie ont été l’occasion pour Jean-Paul Huchon, Président de la région Ile-de-France, de lancer, devant un hémicycle du Conseil régional où siégeaient des représentants d’associations, de collectivités et d’entreprises, le premier Réseau d’Observations Statistiques de l’Energie en Ile de France, baptisé ROSE.
A l’heure où les financements des objectifs du Grenelle de l’environnement restent encore à préciser, le Président de la région Ile de France n'a pas manqué de souligner que "le volontarisme de l’Etat est attendu. Surtout s’il est financé", et à rappeler que "dans le cadre du contrat Plan Etat-Région 2007-2013, la région a décidé d’allouer 72 millions d’euros au secteur de l’énergie, contre 25 millions d'euros pour l'Etat."
Mais, celui qui dirige la région Ile de France depuis une décennie sait aussi que l’efficacité de l’action dépend autant des moyens mis en œuvre, que de la qualité de l’observation qui la précède. Ainsi, il a déjà demandé au Réseau d’Observations des Statistiques de l’Energie en Ile de France (ROSE), qui vient d’être mis en place par l’Agence Régionale de l’Energie et de l’Environnement (ARENE), de réfléchir aux coûts financiers induits par la mise en application des premières mesures du projet de loi issues du Grenelle de l’environnement, en Ile de France.
D’après l’article 1 de la charte partenariale de ROSE, "l’objectif du Réseau est de rassembler, consolider, traiter et diffuser les informations et données nécessaires à l’élaboration et à la mise en œuvre des bilans locaux et régionaux de l’énergie."
Un réseau regroupant des acteurs aux profils variésRichard Lavergne, Secrétaire de l’Observatoire de l’énergie, entité créée en 1982 et aujourd’hui rattachée au Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, a dit "accueillir avec plaisir" cette initiative. Même si ce représentant du gouvernement ne sera pas signataire de la charte, c’est au travers de la DRIRE que le gouvernement participera officiellement à ce nouveau réseau. Il espère en effet pouvoir recueillir, au sein du réseau, des données afin d’affiner la connaissance de son "métaréseau" national.
Afin de s’assurer que les données collectées au sein de ROSE soient pertinentes, l’engagement des fournisseurs d’énergie s’imposait. Toutefois, malgré le bien-fondé de la présence des deux opérateurs historiques parmi les 12 signataires, les risques de blocage s’avèrent possibles du fait de la transmission d’informations commercialement sensibles. Bruno Latier, délégué régional d’EDF en répondant que "cela ne sera pas un obstacle" et son homologue de GDF, Joel Grégoire n’y voyant "pas de difficulté" se sont voulus rassurants. Ils précisent d’ailleurs tous deux qu’ils souhaitent offrir des informations au réseau mais aussi en acquérir.
Pour d’autres acteurs, tel Philippe Teissier, signataire en tant que Responsable du Service énergie et environnement du syndicat d’électricité SIGEIF, l’intérêt de ROSE s’avère tout autre. En effet, depuis 2006, il a déjà eu accès à certaines informations, telles la consommation de chacun des résidents des logements dont il s’occupe. Alors, il voit surtout l’intérêt de ROSE dans le traitement qu’il fera des données, notamment sur l’évaluation précise de l’impact environnemental de chaque logement de son périmètre. Ainsi, par exemple, Air Parif, Observatoire de la qualité de l’air en Ile de France, aussi membre du réseau, pourra apporter des éléments de réponse en la matière.
Cette approche transversale de la problématique énergétique est renforcée par la présence, parmi les signataires de ROSE, de la STIF (autorité organisatrice des transports publics en Ile de France), de la Chambre de commerce et de l’Institut de l’aménagement et d’urbanisme.
Initiatrice de ce projet, Marie-Pierre DIGARD, Présidente de l’ARENE mesure l’importance d’une telle coopération pour les politiques. Ainsi, elle a annoncé tout mettre en œuvre pour diffuser les données de la façon "la plus transparente possible" et s’est engagée à actualiser annuellement ces dernières, afin que les décideurs soient à même d’apprécier rapidement la pertinence des actions engagées et les résultats obtenus.
Eric Leysens