Rudy Ricciotti construira le nouveau Stade Jean-Bouin
Le jury chargé de désigner le lauréat du concours de maîtrise d'oeuvre pour la modernisation et l'extension du stade de rugby Jean-Bouin (XVIème), autorisée par un vote du conseil de Paris en février a retenu le projet de Rudy Ricciotti parmi les cinq derniers en lice (Eisenman Architects, Christian Hauvette + Alain Domingo, Dominique Perrault, Rudy Ricciotti et Claude Vasconi).
Cette opération vise à donner d'ici à septembre 2011 un site digne de ce nom au Stade Français, champion de France en titre, en portant notamment sa capacité d'accueil de 10.000 à 20.000 places assises. Le début des travaux est prévu à l'été 2009.
avec AFP
La présentation du projet par le lauréat
"La position du stade est sensible à l’échelle de son quartier – celui du 16ème arrondissement de Paris – en complétant un dispositif de complexes sportifs de haut niveau très prégnant (Parc des Princes, Hippodrome de Longchamp, Roland-Garros, etc.)
La place du stade Jean Bouin questionne de fait son environnement. Dans ce contexte, quelle attitude adopter? Un parti mettant à distance le stade? Une symétrie parfaite du complexe sportif – allégorie naïve de la rigueur sportive – au risque d’être en inadéquation avec un contexte urbain de qualité?
Le parti architectural préfère la poésie et le corps au diktat du fonctionnalisme et de l’effort. L’asymétrie, l’ondulation et le fruit des façades sont synonymes de mouvement, d’effort qui ne sauraient prendre corps au sein d’une enveloppe figée.
La vocation de notre proposition est de transcender le geste architectural en proposant un statut urbain au stade Jean-Bouin au sens noble du terme. Le projet s’affranchit d’une forme ovale – éloge du banal et de l’ordinaire pour un stade – préférant un durcissement de la courbe en façades Est et Ouest et, a contrario, un adoucissement de la ligne en toiture.
Afin de ne pas céder au consumérisme foncier, le bâtiment est sa propre clôture. L’absence de grille libère le stade d’une frontière physique et mentale en réconciliant complexe sportif de haut niveau et son espace public. Le parti architectural et urbain tend ainsi à rétablir un équilibre entre le réseau viaire et les façades du stade. Cette option permet de ne pas limiter ou mésestimer le rôle du bâtiment sportif dans son contexte urbain. Il ne s’agit pas d’une pièce rapportée au sein du maillage urbain sans corrélation entre tramage et bâti. Par ce biais, le parti architectural instaure un dialogue, un respect mutuel entre front urbain d’immeuble d’habitation et les façades du projet.
L’approche paysagère du stade ne se limite pas à une lisibilité au sol du complexe mais également à son impact sur les logements voisins. Le contraste élégant entre volume bâti et délicatesse de la résille en béton laisse apparaître un véritable paysage de toiture garant d’une relation sereine avec son environnement immédiat.
Tous les arbres de haute tige sains – d’alignement ou non – sont conservés et généralisés afin de ne pas perturber la compréhension du quartier. La densification du stade ainsi que son positionnement en extrémité Sud-Est de la parcelle constructible permet de libérer un généreux parvis arboré du côté de l’avenue du général Sarrail. Ce retrait par rapport à l’alignement de l’avenue génère une générosité des accès en créant l’évènement sur un des principaux axes de communication du quartier.
Les prospects, les gabarits, les accès, les services, ont identifié une nouvelle typologie de stade à des altitudes variées... et constituent un corps. La maille enveloppe le corps, en épouse la forme juste; sans emphase. La forme n’est donc pas inspirée mais révélée, comme la fameuse photographie de Man Ray d’un corps nu enveloppé d’un textile translucide révèle un érotisme légitime.
Dès lors le stade Jean Bouin serait légitimement sexy!"
Rudy Ricciotti
Quel programme pour Jean-Bouin?
Le stade Jean-Bouin occupe une parcelle d’une superficie de 5,5 ha à proximité immédiate du Parc des Princes. Dans sa forme actuelle, il peut accueillir 10.000 places.
Afin de doter la Ville de Paris d’un stade adapté au rugby de haute compétition, tout en disposant d’une polyvalence d’usage, il est envisagé, après démolition partielle des installations sportives existantes, de reconstruire un stade pouvant accueillir 20.000
spectateurs.
Le programme comprend en outre la création de tribunes, de loges, vestiaires, locaux de surveillance, billetterie ainsi que des locaux destinés à des activités annexes telles que Club House, animation pour enfants, etc.
Il est également prévu la réalisation d’un parc de stationnement de 500 places et la création de surfaces commerciales et d’activités tertiaires, livrées brutes.
La surface hors oeuvre de plancher à créer est de l’ordre de 38.000 m² et les surfaces extérieures à traiter de l’ordre de 27.000 m².